5. CONSIDÉRATIONS SUR LA NUTRITION ET LE SYNDROME D'AMAIGRISSEMENT page 345

La perte de poids est un problème fréquent dans les infections à VIH, particulièrement aux stades avancés du sida. Une perte de poids de 40 % de la masse maigre de l’organisme constitue un signe prédictif indépendant de mortalité. Une perte de poids supérieure à 10 % du poids corporel, sans infection opportuniste ni néoplasie sous-jacentes évidentes, a reçu l’appellation de syndrome d’amaigrissement lié au VIH et constitue une atteinte révélatrice du sida. La cause de l’amaigrissement chez les patients infectés par le VIH est multifactorielle et comprend une diminution de l’ingestion, une malabsorption et une augmentation du taux métabolique. La cause principale de l’amaigrissement chez la plupart des patients est un apport calorique insuffisant. L’anorexie est une conséquence courante d’infections générales et de la prise de médicaments. Les patients souffrant d’affections oro-pharyngées ou oesophagiennes ont de la difficulté à manger et diminuent leur ingestion. La présence d’atteintes gastro-intestinales est souvent associée avec des degrés variables de malabsorption, si bien que le peu de calories ingérées ne sont pas assimilées efficacement. Dans quelques cas, on a mis en évidence un taux accru du métabolisme basal et une utilisation inefficace de l’énergie. Tous ces facteurs contribuent à l’amaigrissement.

Il n’y a pas de traitement sûr et efficace du syndrome d’amaigrissement. Les infections opportunistes sous-jacentes doivent être traitées, si possible. L’apport calorique doit être maximisé; à cet égard, l’aide d’un diététicien est inestimable. En général, l’intervention par alimentation entérale ou parentérale ne s’est pas révélée efficace, mais elle peut donner des résultats dans certains cas particuliers. Des stimulants de l’appétit, tels que l’acétate de mégestrol, se sont avérés utiles pour produire un accroissement pondéral chez des patients anorexiques qui mangeaient peu. L’augmentation de poids semble être surtout sous forme de graisses; il reste à déterminer si cela se traduit par un accroissement du taux de survie ou de la qualité de vie. Des agents métaboliques tels que les stéroïdes anabolisants et l’hormone de croissance ont été utilisés sans grand succès, mais ne sont pas couramment utilisés à l’heure actuelle.