
 
| 5. OCCLUSION AIGUË
DE LA VEINE MÉSENTÉRIQUE |
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L’artère mésentérique est à
l’origine de l’ischémie beaucoup plus fréquemment que la veine. Il
est maintenant reconnu que de nombreux cas signalés de thrombose de la
veine mésentérique représentaient en fait des cas mal diagnostiqués
d’ischémie non occlusive. La fréquence réelle des thromboses de la
veine mésentérique est plutôt faible. Bien que l’étiologie de la
thrombose aiguë de la veine mésentérique puisse être idiopathique, la
thrombose est habituellement une manifestation secondaire d’une autre
maladie. Les situations pathologiques qui prédisposent à une thrombose
de la veine mésentérique sont les suivantes : 1) la septicémie intra-abdominale
grave, 2) l’état d’hypercoagulabilité (p. ex. la polyglobulie) et 3)
l’insuffisance de la veine porte (découlant d’une hypertension
portale associée avec une cirrhose hépatique, ou d’une compression
extrinsèque du système veineux due à la présence d’une masse
tumorale).
La thrombose de la veine mésentérique supérieure
ou inférieure ne suffit habituellement pas à produire une ischémie
intestinale. Toutefois, une thrombose aiguë dans une veine mésentérique
de grande taille peut provoquer une propagation rétrograde du caillot
dans les tributaires veineux à l’intérieur des parois intestinales.
L’occlusion veineuse qui en résulte dans les parois produira généralement
une ischémie, parfois avec infarctus. Dans de nombreux cas d’ischémie
intestinale veineuse, la thrombose ne commence pas dans une veine mésentérique
de grande taille, mais plutôt dans les petits tributaires veineux
intramuraux. Dans un cas comme dans l’autre, si la thrombose veineuse
devient étendue, elle peut être suivie d’une thrombose artérielle, ce
qui rend très difficile la détermination de l’étiologie exacte de
l’ischémie intestinale.
Le tableau clinique des patients ayant une ischémie intestinale
veineuse est souvent semblable, sinon identique, à celle des patients qui
présentent une occlusion aiguë de l’artère mésentérique. Par conséquent,
le diagnostic n’est souvent porté qu’au moment de l’intervention
chirurgicale ou de l’examen des échantillons réséqués par le
pathologiste.
Le traitement de cette maladie est généralement chirurgical et
consiste en la résection du segment infarci de l’intestin. Le
chirurgien doit savoir que la thrombose veineuse peut s’étendre au-delà
des limites de l’infarctus observées à l’examen macroscopique. Comme
un thrombus résiduel a la capacité de se propager, la résection devrait
inclure la partie adjacente de l’intestin et du mésentère et s’étendre
à toutes les veines thrombosées apparemment atteintes. On a montré que
la mortalité due à cette maladie peut être diminuée si les patients
sont traités par un anticoagulant dès que possible après
l’intervention chirurgicale.
  
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