2. CLASSIFICATION DES ISCHÉMIES INTESTINALES page 299

De nombreux cliniciens classent les ischémies intestinales en deux grandes catégories : les atteintes aiguës et les atteintes chroniques. Toutefois, parce que certaines manifestations peuvent évoluer vers une maladie chronique, une classification rigoureuse des ischémies intestinales selon ces deux catégories n’est pas toujours applicable. Étant donné que l’importance et les conséquences pathologiques de l’ischémie intestinale dépendent des dimensions et de la localisation des vaisseaux sanguins obstrués ou hypoperfusés, nous trouvons utile de classer les ischémies intestinales suivant la taille et le type des vaisseaux hypoperfusés ou obstrués (figure 1). Ainsi, l’ischémie intestinale peut résulter de l’occlusion ou de l’hypoperfusion d’un gros vaisseau mésentérique (l’artère ou la veine mésentérique), ou de l’occlusion ou de l’hypoperfusion d’un petit vaisseau intramural de l’intestin. Dans ces deux cas, l’ischémie intestinale résultante peut être aiguë ou chronique. De plus, il est important de noter que l’occlusion ou l’hypoperfusion vasculaire peut être causée par une obstruction mécanique de la lumière (p. ex. embole ou thrombus) ou d’une diminution du débit sanguin due à un vasospasme, à une augmentation de la viscosité sanguine, à une hypotension ou à d’autres causes semblables. On parle alors d’ischémie non occlusive. Par conséquent, l’étiologie de l’occlusion ou l’hypoperfusion peut constituer la base d’une sous-classification des atteintes ischémiques de l’intestin. Un critère additionnel de classification, important sur le plan clinique, est l’étendue de la nécrose provoquée par l’ischémie, qui fait la distinction entre la nécrose transmurale (ischémie gangréneuse) menant à une péritonite, et la nécrose qui demeure intramurale (ischémie non gangréneuse), menant à une maladie bien localisée. Nous avons tenté, dans la figure 1, de rassembler ces différents aspects pour en arriver à une classification complète.

 

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