
 
| 9. MALDIGESTION ET
MALABSORPTION : SYNDROMES DE MALASSIMILATION |
|
La digestion et l’absorption normales des
aliments sont essentielles à la vie et au bien-être. Étant donné la
longueur du tube digestif, le nombre d’organes participant à la
digestion, et le grand nombre de nutriments qui doivent être assimilés
par l’organisme, on ne s’étonnera pas du large éventail d’états
morbides susceptibles d’entraver le processus de la digestion et de
l’absorption de la nourriture. La malassimilation clinique ne se
manifeste que de deux façons : 1) par des troubles d’origine
intraluminale (maldigestion des aliments) ou 2) par des troubles
intramuraux (malabsorption des aliments).
| 9.1 Manifestations
cliniques |
page
234 |
La liste des maladies pouvant entraîner
une malassimilation est longue, ce qui nécessite une anamnèse logique (tableau
3).
Les premiers soupçons cliniques sont toujours donnés par l’anamnèse
et par l’examen physique. Dans le cas d’une malassimilation, le
patient peut présenter les symptômes et signes de carences
nutritionnelles spécifiques, ou les symptômes et signes de la maladie
sous-jacente elle-même, comme une maladie de Crohn. De plus, parce que
plusieurs nutriments sont mal assimilés, les symptômes et signes peuvent
se présenter d’une manière claire et nette ou, au contraire, la
symptomatologie peut être très complexe (tableau
4 et tableau
5).
| TABLEAU 3.
Classification des syndromes de malassimilation |
| Troubles de la
digestion intraluminale |
Troubles de
malabsorption |
Troubles
de brassage
Postgastrectomie
Insuffisance pancréatique
Primaire
Fibrose kystique du pancréas
Secondaire
Pancréatite chronique
Cancer du pancréas
Résection du pancréas
Diminution de la concentration
intestinale des acides biliaires
Hépatopathie
Maladie hépatocellulaire
Cholestase (intra-hépatique ou extrahépatique)
Prolifération bactérienne anormale dans l’intestin grêle
Syndrome de l’anse afférente
Sténoses
Fistules
Anses borgnes
Diverticules multiples de l’intestin grêle
États d’hypomotilité (diabète, sclérodermie,
pseudo-occlusion intestinale)
Interruption de la circulation entéro-hépatique des acides
biliaires
Résection iléale
Maladie inflammatoire de l’iléon (iléite régionale)
Médicaments (par séquestration ou précipitation des acides
biliaires)
Néomycine
Carbonate de calcium
Cholestyramine |
Surface
d’absorption insuffisante
Résection ou dérivation intestinales
Maladie vasculaire mésentérique avec résection massive de
l’intestin
Entérite régionale avec résections multiples de
l’intestin
Dérivation jéjuno-iléale
Défauts d’absorption de la
muqueuse
Anomalies biochimiques ou génétiques
Maladie coeliaque
Déficit en disaccharidases
Hypogammaglobulinémie
Abêtalipoprotéinémie
Maladie de Hartnup
Cystinurie
Malabsorption des monosaccharides
Inflammation ou infiltration
Entérite régionale
Amylose
Sclérodermie
Lymphome
Entérite par irradiation
Entérite à éosinophiles
Sprue tropicale
Entérite infectieuse (p. ex. salmonellose)
Sprue collagène
Jéjunite ulcéreuse non spécifique
Mastocytose
Affections cutanées (p. ex. dermatite herpétiforme)
Obstruction des vaisseaux
lymphatiques
Lymphangiectasie intestinale
Maladie de Whipple
Lymphome |
|
|
Polyphagie, perte progressive de poids,
flatulences excessives, diarrhée, selles volumineuses et nauséabondes,
présence de particules alimentaires ou de graisses dans les selles,
distension abdominale, fonte musculaire, douleurs osseuses, hémorragies,
faiblesse, tétanie, paresthésie, glossite, chéilite ou dermatite
constituent la symptomatologie classique d’un syndrome de
malassimilation intestinale grave. Néanmoins, il est rare qu’en Amérique
du Nord les patients décrivent de tels symptômes. Il est par contre
beaucoup plus fréquent de voir des patients qui se plaignent de
malaises vagues, mais les résultats anormaux de leurs épreuves
biochimiques sanguines vous laissent soupçonner la présence d’une
affection.
TABLEAU 4.
Symptômes et signes cliniques de malassimilation
|
|
Symptômes ou signes
cliniques |
Carences |
|
| État général |
Perte de
poids
Perte d’appétit, aménorrhée, baisse de la libido |
Calories
Énergicoprotéique |
| Peau |
Rash
psoriasiforme, desquamation eczémateuse |
Zinc |
| |
Pâleur |
Folate, fer,
vitamine B12 |
| |
Hyperkératose
folliculaire |
Vitamine A |
| |
Pétéchies
périfolliculaires |
Vitamine C |
| |
Dermatite
squameuse |
Énergicoprotéique,
niacine,riboflavine, zinc |
| |
Ecchymoses |
Vitamine K |
| |
Changements
de la pigmentation |
Niacine, énergicoprotéique |
| |
Dermatose
scrotale |
Riboflavine |
| |
Épaississement
et sécheresse de la peau |
Acide linoléique |
| |
|
|
| Tête |
Fonte du
muscle temporal |
Énergicoprotéique |
| Cheveux |
Clairsemés
et fins, décoloration
Faciles à arracher |
Protéines |
| Yeux |
Antécédents
de cécité nocturne (héméralopie) |
Vitamine A |
| |
Photophobie,
vue brouillée, conjonctivite |
Riboflavine,
vitamine A |
| |
Vascularisation
de la cornée |
Riboflavine |
| |
Xérosis,
taches de Bitot, kératomalacie |
Vitamine A |
| |
|
|
| Bouche |
Glossite |
Riboflavine,
niacine, acide folique |
| |
Saignements
gingivaux |
Vitamine C,
riboflavine |
| |
Chéilite |
Riboflavine |
| |
Stomatite
des commissures |
Riboflavine,
fer |
| |
Hypogueusie |
Zinc |
| |
Langue
plicaturée |
Niacine |
| |
Atrophie de
la langue |
Riboflavine,
niacine, fer |
| |
Langue
rouge et irritée |
Niacine |
| |
Séborrhée
naso-labiale |
Pyridoxine |
| |
|
|
| Cou |
Goître |
Iode |
| |
Tuméfaction
de la parotide |
Protéines |
| |
|
|
| Thorax |
Chapelet
costal |
Vitamine D |
| |
|
|
| Abdomen |
Diarrhée |
Niacine,
folate, vitamine B12 |
| |
Distension |
Protéines |
| |
Hépatomégalie |
Protéines |
| |
|
|
| Membres |
OEdème |
Protéines,
thiamine |
| |
Déminéralisation
des os |
Vitamine D,
calcium, phosphore |
| |
Sensibilité
osseuse |
Vitamine D |
| |
Douleurs
osseuses, douleurs articulaires |
Vitamine C |
| |
Faiblesse
et fonte musculaires |
Protéines,
calories |
| |
Sensibilité
musculaire, douleurs musculaires |
Thiamine |
| |
Hyporéflexie |
Thiamine |
| |
|
|
| Ongles |
Aplatissement,
friabilité, perte du lustre, ongles en cuiller |
Fer |
| |
Raies
transversales |
Protéines |
| |
|
|
| Système
nerveux |
Tétanie |
Calcium,
magnésium |
| |
Paresthésies |
Thiamine,
vitamine B12 |
| |
Abolition
des réflexes, main tombante, pied tombant |
Thiamine |
| |
Perte du
sens vibratoire et proprioceptif, ataxie |
Vitamine B12 |
| |
Démence, désorientation |
Niacine |
| |
|
|
| Sang |
Anémie |
Vitamine B12,
folates, fer |
| |
Hémolyse |
Phosphore |
|
Les premiers symptômes de la maladie
peuvent souvent passer inaperçus et un état de malnutrition grave peut
s’ensuivre. Souvent, le patient aura constaté des symptômes précoces,
mais parfois ce n’est qu’en répondant à des questions directes que
le patient sera amené à en parler. Il faut donc que le médecin
interroge le patient sur des changements mineurs dans ses habitudes de défécation
qui seraient survenus avant le début de la perte de poids, de
l’hyperphagie, de la douleur, de l’anorexie, ou avant l’apparition
de changements majeurs dans les habitudes de défécation. Des
changements dans le volume des selles (pouvant se manifester par une légère
augmentation du nombre d’émissions fécales quotidiennes), dans la
consistance ou dans l’odeur sont les premières manifestations de la
malassimilation. Une augmentation de la fréquence des selles au moment
où le patient est anorexique se produit longtemps avant que la maladie
ne se manifeste cliniquement. L’augmentation du volume des selles est
causée par une augmentation de leur contenu en eau ou en gaz, et ces
selles sont souvent difficiles à chasser de la cuvette. Il est assez fréquent
que les patients pensent que la toilette fonctionne mal parce qu’ils
doivent actionner plusieurs fois la chasse d’eau avant que les selles
disparaissent. Une apparence graisseuse et une odeur franchement rance
traduisent une augmentation des graisses dans les selles, mais ce signe
se manifeste en général plus tardivement. Ces changements passent
souvent inaperçus aux yeux du médecin trop occupé, d’autant plus
qu’à ce stade la maladie ne s’accompagne pas de signes physiques.
On entend parfois des bruits d’intestin hyperactif, en particulier
s’il s’agit d’une atteinte de l’intestin grêle. Si les symptômes
sont intermittents ou s’ils évoluent très lentement au fil des ans,
les patients peuvent présenter des symptômes vagues, apparemment sans
relation, par exemple une fatigue chronique et de la dépression, bien
avant que le médecin ne songe à la possibilité d’une maladie
organique grave.
| 9.2 Manifestations
de la malassimilation des glucides |
page
238 |
La malassimilation des glucides se
traduira à la fois par des symptômes spécifiques et généraux. La
diarrhée et la flatulence sont propres à la maldigestion et à la
malabsorption des glucides. Étant donné que tout le monde fait un peu
de flatulence, il faudrait définir ce qu’est une production excessive
de gaz. Les glucides mal absorbés qui arrivent dans le côlon y sont
fermentés par les bactéries et transformés en gaz (CO2 ,H2
et CH4 ) et en acides organiques (figure
12). Ces derniers produisent une diarrhée par leur action
directe sur l’épithélium du côlon en stimulant la sécrétion de
liquide et par leur effet osmotique en attirant davantage d’eau dans
la lumière. La présence d’acides organiques dans les selles réduit
le pH au-dessous de 6 et suggère une malassimilation des glucides. Les
gaz causent de la flatulence qui s’accompagne de borborygmes et
d’une distension abdominale. C’est sur la présence de gaz d’H2
intraluminaux qui seront finalement absorbés dans la circulation puis
exhalés, qu’est fondé le test respiratoire de l’hydrogène pour dépister
la malabsorption des glucides. L’examen physique révèle souvent
aussi une distension, un tympanisme et un péristaltisme intestinal
hyperactif. Les selles semblent flotter à la surface de l’eau en
raison de leur contenu plus élevé en gaz (et non en raison de leur
contenu plus élevé en graisse).
TABLEAU 5.
Carences spécifiques en vitamines et minéraux
|
| Vitamines / minéraux |
|
Manifestations
cliniques |
|
| Vitamine A
|
Yeux
Peau
|
Cécité
nocturne
Xérosis (sécheresse de la conjonctive bulbaire)
Taches de Bitot (plaques conjonctivales)
Kératomalacie (ulcération de la cornée)
Hyperkératose |
| Vitamine B12 |
Systèmes hématopoïétique
et neurologique
Tractus digestif |
Anémie
Perte irréversible du sens vibratoire et proprioceptif
Paresthésies
Diarrhée |
| Vitamine C |
Peau |
Papules périfolliculaires
(cheveux cassants)
Hémorragies périfolliculaires
Saignements gingivaux
Purpura, ecchymoses |
| Vitamine D |
Os |
Douleurs et
déminéralisation des os
Douleurs articulaires
Rachitisme
Myopathie proximale |
| Vitamine K |
|
Ecchymoses
Hémorragies |
| Vitamine B6
(Pyridoxine) |
Peau |
Dermatite séborrhéique
Chéilite
Glossite |
| Niacine |
|
Dermatite
Diarrhée
Démence |
| Thiamine |
C-V
SNC |
Insuffisance
cardiaque congestive
Encéphalopathie de Wernicke
Syndrome de Korsakoff |
| Zinc |
Peau
Goût |
Acrodermatite
entéropathique
Alopécie
Hypogueusie |
| Folates |
Systèmes hématopoïétique
et neurologique |
Anémie
Perte réversible du sens vibratoire et proprioceptif |
|
| C-V =
appareil cardio-vasculaire; SNC = système nerveux central. |
En général, une carence en glucides
comme source d’énergie se manifestera par une diminution des taux
plasmatiques d’insuline, une augmentation des taux plasmatiques de
glucagon et de cortisol, et une diminution de la conversion périphérique
de T4 en T3. On observera au bout d’un certain
temps un état de métabolisme oxydatif et un catabolisme des graisses
et des muscles. L’examen physique révélera éventuellement des
signes d’amaigrissement attribuable à la fois à une perte des réserves
de graisses et à une perte de la masse tissulaire maigre. Le patient se
sentira faible et se fatiguera rapidement. On notera souvent une perte
de graisses caractérisée par des joues creuses et des fesses aplaties,
et par une peau plissée ou lâche indiquant une perte de graisse
sous-cutanée. La perte de masse musculaire se traduit par une
amyotrophie thénarienne et par des creux dans les tissus mous entre les
tendons extenseurs du dos de la main. Il peut aussi y avoir des signes
directs de ralentissement métabolique secondaire à une diminution de
la conversion de T3 . Il est aussi fréquent d’observer un
certain ralentissement mental.
| 9.3 Manifestations
de la malassimilation des graisses |
page
239 |
L’incapacité de digérer ou
d’absorber correctement les graisses entraînera une variété de
symptômes cliniques et d’anomalies dans les analyses de laboratoire.
Ces manifestations sont le résultat à la fois d’une malassimilation
des graisses et d’une carence en vitamines liposolubles. En général,
la perte de graisses dans les selles prive l’organisme de calories et
contribue à une perte de poids et à la malnutrition. Il importe de
remarquer plus particulièrement le rôle des acides gras à chaîne
longue non absorbés qui agissent sur la muqueuse du côlon et causent
la diarrhée par irritation. En outre, les acides gras se lient au
calcium et l’empêchent de se fixer sur l’oxalate. En cas de
malabsorption des graisses, l’oxalate ne se lie pas au calcium et
reste libre (non dissocié) dans la lumière du côlon où il est
rapidement absorbé, ce qui entraîne une hyperoxalurie et des calculs rénaux
d’oxalate de calcium. Cela se produit plus souvent dans la maladie de
Crohn et dans d’autres cas de malabsorption des graisses et de stéatorrhée.
L’incapacité d’absorber les vitamines liposolubles A, D, E et K
entraîne aussi une variété de symptômes. La carence en vitamine K se
manifeste sous la forme d’hémorragies sous-cutanées, urinaires,
nasales, vaginales et digestives. Les déficits en facteurs II, VII, IX
et X causent des troubles de la coagulation. La carence en vitamine A se
manifeste par l’hyperkératose folliculaire, tandis que la carence en
vitamine E entraîne une démyélinisation progressive du système
nerveux central. Nous aborderons plus loin les problèmes découlant de
la malabsorption de la vitamine D, tels que le rachitisme et l’ostéopénie.
| 9.4 Manifestations
de la malassimilation des protéines |
page
240 |
Une déperdition importante des protéines
de l’organisme peut se produire avant que les analyses de laboratoire
ne la révèlent. Une synthèse inadéquate des protéines secondaire à
une hépatopathie grave et une déperdition des protéines rénales
peuvent contribuer à l’aggravation des carences en protéines. Sur le
plan clinique, ces carences se manifestent par de l’oedème et la
diminution de la masse musculaire. Comme le fonctionnement du système
immunitaire dépend d’une quantité adéquate de protéines, une
carence peut se manifester par des infections récidivantes et graves.
Chez l’enfant, elle peut entraîner les manifestations suivantes :
retard de croissance, apathie mentale et irritabilité, faiblesse et
atrophie musculaire, oedème, perte des cheveux, déformation des os du
squelette, anorexie, vomissements et diarrhée. Le terme marasme désigne
une malnutrition protéinocalorique et le terme kwashiorkor, une
malnutrition protéinique.
| 9.5 Manifestations
de la carence en fer |
page
240 |
La carence en fer se manifeste de façon
caractéristique par l’anémie microcytaire hypochrome. Comme la
malassimilation peut entraîner une carence en folates ou en vitamine B12
(et produire des globules rouges mégaloblastiques), la microcytose de
la carence en fer peut passer inaperçue par les compteurs automatiques
de globules; le tableau est dimorphique. L’anémie peut dans de rares
cas s’accompagner de symptômes de pica et de dysphagie. À
l’origine, le pica faisait référence au fait de manger de la glaise
ou de la terre, mais, aujourd’hui, le pica le plus fréquent en Amérique
du Nord consiste à manger de la glace. La dysphagie peut être
attribuable au syndrome de Plummer-Vinson (atrophie des papilles de la
langue et de l’épithélium oesophagien post-cricoïdien) ou à la chéilite
(lèvres rouges avec des fissures aux commissures, que l’on appelle également
perlèche). Des symptômes de fatigue, de faiblesse, de dyspnée et
d’oedème peuvent aussi se manifester. L’examen physique révèle
souvent une pâleur, une langue atrophique et une koïlonychie (ongles
cassants, plats ou « en cuiller »).
Le tableau clinique d’une carence en vitamine B12 et en
acide folique comprend les manifestations non spécifiques de l’anémie
mégaloblastique et ses séquelles, comme l’anémie, la glossite, la mégaloblastose
et l’augmentation des taux sériques de la lacticodéshydrogénase
(LDH). De plus, une carence en vitamine B12 peut produire des
anomalies neurologiques consistant en paresthésies symétriques dans
les pieds et les doigts, accompagnées de troubles du sens vibratoire et
de troubles proprioceptifs qui évoluent vers l’ataxie avec une dégénérescence
subaiguë de la moelle épinière. Cette dégénérescence subaiguë
combinée de la moelle épinière comprend des lésions des faisceaux
pyramidaux et des cordons postérieurs. On n’observe pas ces
manifestations neurologiques dans le seul cas d’une carence en acide
folique.
| 9.6 Manifestations
de la malabsorption du calcium, de la vitamine D et du magnésium |
page
241 |
Une malabsorption du calcium, du magnésium
et de la vitamine D peut entraîner des douleurs osseuses, des
fractures, des paresthésies, une tétanie, des signes de Chvostek et de
Trousseau. L’ostéomalacie résultant de la carence en vitamine D
touche principalement le rachis, la cage thoracique et les os longs, et
peut s’accompagner ou non de fractures (fissures de Milkman); elle
peut aussi être à l’origine de douleurs très intenses, en
particulier au niveau du rachis, du bassin et des os de la jambe. Un
enfant qui souffre d’une malabsorption du calcium ou de la vitamine D
présentera un rachitisme classique. L’hypomagnésiémie peut entraîner
des crises et des symptômes identiques à ceux de l’hypocalcémie.
Elle peut en outre réduire la capacité de réponse de la parathyroïde
à la variation du calcium sanguin et altérer la régulation de la
parathyroïde sur l’homéostasie du calcium.
| 9.7 Examens
recommandés dans les cas de maldigestion et de malabsorption |
page
241 |
Plusieurs questions doivent être posées
pour éviter de se lancer vers une approche précipitée. Premièrement,
y a-t-il malassimilation? Et, deuxièmement, si tel est le cas,
s’agit-il de maldigestion intraluminale ou de malabsorption
intramurale? Les médecins doivent tenter de ne demander que les
analyses de laboratoire qui permettent d’établir la présence et la
cause de la malassimilation (figure
14).
Pour déterminer l’existence d’une malassimilation, il faut
toujours commencer par les examens les plus simples et les moins
effractifs. Une formule sanguine complète (FSC) ainsi qu’un frottis
sanguin périphérique (formule leucocytaire différentielle) peuvent révéler
une anémie macrocytaire (avec ou sans mégaloblastose), ou une anémie
microcytaire et une lymphopénie. Le dosage sérique du calcium, du
phosphore et de la phosphatase alcaline peut déceler une ostéomalacie.
Les taux sériques d’albumine servent à évaluer les réserves de
protéines. Les taux sériques de cholestérol et de carotène, et la détermination
du temps de prothrombine (vitamine K) permettent d’évaluer
indirectement l’assimilation des graisses. Le dosage du fer sérique
et de la ferritine, et la détermination de la capacité totale de
fixation du fer (CTFF) permettent d’évaluer l’intégrité de
l’intestin proximal. Le dosage de la vitamine B12 permet de
vérifier l’intégrité de l’iléon. Le taux des folates
plasmatiques permet de mesurer les réserves en folates.
Des résultats anormaux à ces épreuves
suggèrent l’existence d’une malassimilation et peuvent aussi
indiquer quels sont le ou les déficits nutritionnels en cause.
Toutefois, l’élément le plus important dans le diagnostic d’une
malassimilation générale est la stéatorrhée. Un dosage précis des
graisses dans les selles est important. L’épreuve qualitative ou
coloration au Soudan d’un prélèvement de selles étalées sur une
lamelle pour examen microscopique et l’observation de la présence de
gouttelettes graisseuses donnent une indication de la présence d’une
stéatorrhée. Toutefois, cette épreuve ne peut pas remplacer une détermination
quantitative des graisses dans les selles pour poser le diagnostic définitif.
La détermination quantitative des
graisses dans les selles est la mesure la plus fiable de l’importance
de la stéatorrhée. Chez une personne en bonne santé, la quantité de
graisses dans les selles est relativement constante malgré les petits
changements qui peuvent se produire à la suite de l’ingestion de
graisses alimentaires. Même si l’apport alimentaire quotidien de
graisses est égal à zéro, la teneur en graisses des selles est
d’environ 2,9 g/jour. Il s’agirait de la quantité de graisses dérivées
de sources endogènes comme les cellules muqueuses desquamantes, les
lipides biliaires (cholestérol et acides biliaires) et les lipides bactériens.
Si l’apport alimentaire de graisses augmente, la teneur en graisses
des selles augmentera pour atteindre près de 5,0 g/jour pour un apport
alimentaire de 100 g. Il existe une certaine corrélation entre les
graisses fécales (GF) et les graisses alimentaires. Les pertes de
graisses dans les selles sont généralement inférieures à 5 % de
l’apport alimentaire quotidien, mais elles peuvent augmenter énormément
s’il survient un trouble à l’une des quatre étapes du processus
global de l’assimilation des graisses. En présence d’un état
morbide, la valeur absolue de la quantité de graisses fécales peut dépendre
de l’apport alimentaire, lequel doit donc être précisément calculé
pour que l’épreuve soit valable. Il faut aussi respecter un certain
nombre de critères pour obtenir des résultats fiables dans la détermination
quantitative des graisses dans les selles. Le patient doit consommer une
ration de graisses connue, située entre 60 et 100 g, l’émission des
selles doit être régulière et toutes les selles doivent être
recueillies pendant 72 heures.
De nombreux facteurs peuvent modifier les résultats de l’épreuve.
Des repas frugaux ou irréguliers, la constipation ou la collecte
incomplète des selles donnent dans tous les cas une valeur
artificiellement basse de la quantité de graisses fécales pendant une
période de 24 heures. À l’inverse, on aura une valeur
artificiellement élevée à la suite de l’ingestion d’huile de
ricin ou de noix, mais pas dans le cas des huiles minérales dérivées
du pétrole. La méthode de Van de Kamer est la plus utilisée pour déterminer
chimiquement la quantité des graisses fécales. Toutefois, cette méthode
peut être associée avec une extraction et une quantification incomplètes
des triglycérides à chaîne moyenne (TCM), de sorte que la quantité
des graisses fécales risque d’être sous-estimée (de 10 %) chez les
patients dont l’alimentation comprend des TCM. La stéatorrhée
n’indique pas le type de malassimilation en cause. Une augmentation
des graisses dans les selles peut aussi bien être causée par une
maldigestion intraluminale que par une malabsorption intramurale. Par
conséquent, il est nécessaire de poursuivre les examens pour cerner le
problème (figure 15).
| 9.8 Maldigestion
intraluminale |
page
244 |
La maldigestion intraluminale survient
dans les cas suivants : 1) brassage gastrique inadéquat; 2)
insuffisance pancréatique; 3) concentration réduite des sels
biliaires. Si l’épreuve d’absorption au D-xylose et les clichés de
l’intestin grêle sont normaux, il est probable mais non absolument
certain que la malassimilation est d’origine intraluminale. La
fonction pancréatique est évaluée par l’épreuve de stimulation à
la sécrétine qui permet de mesurer la capacité sécrétrice du pancréas
exocrine. On recueille le suc pancréatique à l’aide d’une sonde
insérée dans le duodénum près de l’ampoule de Vater afin de
mesurer le volume de la sécrétion et la concentration de bicarbonate
et d’enzyme (amylase). La sécrétion maximale devrait atteindre 2 mL/
min, 90 minutes après l’injection de 2 unités de sécrétine/kg de
poids corporel, et la concentration en bicarbonate est normalement
au-dessus de 90 mEq/L. La sécrétion du bicarbonate et des enzymes
diminue dans la pancréatite chronique. Il est fréquent qu’une
obstruction partielle du canal pancréatique causée par le cancer du
pancréas diminue le volume de la sécrétion, sans toutefois diminuer
la concentration de bicarbonate. Cette épreuve est laborieuse et peu
sensible.
L’évaluation de l’atteinte biliaire comprend des analyses
biochimiques du foie, une ultrasonographie abdominale ou, au besoin, une
cholangiographie transhépatique ou endoscopique pour vérifier la perméabilité
des voies biliaires. En cas de prolifération bactérienne, les acides
biliaires sont scindés et rapidement absorbés dans l’intestin grêle,
et ils ne sont ni disponibles ni actifs pour la solubilisation
micellaire. De plus, les résultats du test de Schilling pour la
vitamine B12 sont parfois anormaux même si l’on y ajoute
le facteur intrinsèque. La concentration des sels biliaires peut être
diminuée à cause d’une réabsorption insuffisante dans l’iléon
malade, ce qui s’ajoute à la malabsorption secondaire à une déperdition
intestinale. Un test respiratoire avec des acides biliaires marqués au 14C
peut déceler la déconjugaison des acides biliaires en cas de prolifération
bactérienne; une scintigraphie isotopique avec un analogue d’acide
biliaire marqué mesure l’absorption des acides biliaires.
Le test respiratoire avec des acides
biliaires est utilisé si l’on soupçonne une malabsorption des acides
biliaires causée par une dysfonction iléale (diminution de
l’absorption) ou une prolifération bactérienne (déconjugaison et
donc diminution de l’absorption). Le test repose sur le marquage au 14C
du fragment acide aminé (glycine) du sel biliaire. En effet, les bactéries
déconjuguent la glycine et métabolisent cet amide en 14CO2
qui est par la suite expiré. En cas de dysfonction iléale, l’excès
des sels biliaires atteint le côlon où les bactéries scindent la
glycine, produisant du 14CO2. Dans le cas d’une
prolifération bactérienne, les bactéries coliformes présentes en excès
dans le jéjunum métabolisent ces sels biliaires en 14CO2.
Le test respiratoire aux acides biliaires commence à être remplacé
par le test respiratoire de l’hydrogène, qui évalue la présence
d’une augmentation anormale de la concentration de H2 expiré
après que le sujet a ingéré un sucre non absorbable, tel que le
lactulose. Cette épreuve peu coûteuse et sensible décèle une prolifération
bactérienne. Le type de sucre employé peut être modifié de manière
à vérifier la malabsorption de divers glucides. Le test de l’hydrogène
n’est pas utilisé pour déceler une malabsorption des acides
biliaires.
Une accélération du transit secondaire à un syndrome de chasse précoce
(dumping) chez les gastrectomisés entraîne des troubles de
brassage d’aliments ingérés et de stimulation d’enzymes endogènes.
Les radiographies de l’intestin grêle qui tiennent compte du temps de
transit sont parfois utiles pour poser le diagnostic.
| 9.9 Malabsorption
intramurale |
page
245 |
La malabsorption provenant d’un trouble
intramural survient dans les cas suivants : 1) surface d’absorption
inadéquate, comme dans le syndrome de l’intestin court; 2) anomalies
d’absorption de la muqueuse, comme dans la maladie coeliaque; 3)
obstruction lymphatique. Comme le pentose D-xylose n’a pas besoin de
subir une digestion intraluminale, les épreuves d’absorption au
D-xylose servent à séparer les patients qui présentent une
malabsorption intramurale de ceux qui présentent une maldigestion
intraluminale. Un résultat anormal indique une malabsorption
intramurale, tandis qu’un résultat normal indique plutôt une
maldigestion intraluminale. On se souviendra que l’insuffisance rénale
(qui empêche l’excrétion du sucre), un retard de la vidange
gastrique, la prolifération bactérienne (qui métabolise le sucre dans
la lumière) et le vieillissement peuvent donner des taux d’absorption
artificiellement bas de D-xylose. L’aspirine (AAS) ou les
anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) inhibent l’excrétion rénale
du xylose et peuvent mener à des résultats faussement négatifs. La présence
d’une ascite peut également donner un résultat faussement négatif
en augmentant le volume de distribution du sucre et en diminuant ainsi
sa clairance rénale. Parce qu’elle évite les problèmes liés à la
fonction rénale, la mesure du taux sérique de xylose peut fournir une
meilleure indication de l’absorption du xylose. En fait, certains
cliniciens choisiront de ne pas procéder à l’épreuve au xylose et
de passer tout de suite à des épreuves plus spécifiques pour
distinguer la malabsorption intramurale de la maldigestion intraluminale
(figure 14).
Si le résultat de l’épreuve au
D-xylose est anormal, on devra procéder à un examen baryté de
l’intestin grêle. La radiographie pourra révéler des anomalies
structurelles de l’intestin, une dilatation de la lumière, une
segmentation ou une dilution de la substance barytée, en raison d’une
quantité accrue de liquide dans la lumière. Même si par le passé on
a déjà considéré la segmentation ou la floculation de la substance
barytée comme indicatrice d’une malassimilation, on s’est rendu
compte ces dernières années que l’utilisation de sulfate de baryum
non miscible était rarement associée avec de tels signes. Les clichés
peuvent en outre révéler la présence de diverticules comme siège de
prolifération bactérienne ou un épaississement des replis causé par
une infiltration ou un oedème.
Après la radiographie, la biopsie de l’intestin grêle par
endoscopie ou à l’aide d’un appareil à succion permettra de déceler
une maladie spécifique de la muqueuse. Lorsque le tableau clinique
laisse fortement soupçonner un trouble de l’intestin grêle, tel que
la maladie coeliaque, on peut demander une biopsie du grêle à un stade
beaucoup plus précoce. Une fois précisés le siège et la cause de la
maladie intramurale, d’autres épreuves pourront être pratiquées
pour déterminer l’étendue de la dysfonction. On pourra aussi
recourir à des épreuves portant sur les glucides mal absorbés à la
suite d’un déficit en disaccharidases, de lésions généralisées de
la muqueuse, d’une surface inadéquate ou d’une prolifération bactérienne.
La présence de glucides non absorbés se traduit par des selles à
pH acide, facilement détectable à l’aide d’un papier indicateur de
pH. Le test respiratoire de l’hydrogène mesurera aussi une
augmentation de l’hydrogène expiré qui peut être causée par
l’administration d’un glucide ingéré non absorbé. Ce test est
utilisé dans les cas où l’on soupçonne un déficit en
disaccharidases ou une prolifération bactérienne. Il repose sur le
fait que les bactéries, par fermentation, transforment les sucres en
acides gras et en H2 qui est expiré. En temps normal, les
sucres sont absorbés par l’intestin grêle sous la forme de
monosaccharides, et aucun H2 n’est expiré. Par contre,
dans le cas d’un déficit en lactase, on observe une augmentation de
l’H2 expiré après l’ingestion de lactose, étant donné
que le sucre non absorbé atteint la flore bactérienne du côlon et est
catabolisé. Dans le cas d’une prolifération bactérienne, les bactéries
dans le jéjunum fermentent le sucre avant qu’il ne soit absorbé et là
l’H2 est expiré. Le test respiratoire est fiable, non
invasif et très utile pour poser le diagnostic d’une malabsorption
des glucides ou d’un syndrome de prolifération bactérienne.
L’absorption de la vitamine B12
est vérifiée au moyen du test de Schilling. De la vitamine B12
marquée au 58Co avec le facteur intrinsèque et de la
vitamine B12 marquée au 57Co sans le facteur
intrinsèque sont administrées simultanément par voie orale et leur
excrétion est mesurée dans l’urine sur une période de 24 heures.
Normalement, les deux composés marqués sont excrétés. Par contre,
l’absence d’excrétion de la vitamine B12 marquée au 57Co
indique l’absence du facteur intrinsèque gastrique, par exemple une
anémie pernicieuse ou une gastrectomie, tandis que l’absence d’excrétion
de la vitamine B12 marquée au 58 Co et de la vitamine B12
marquée au 57Co indique une maladie iléale, une déperdition
ou l’absence de récepteurs de B12 dans l’iléon.
TABLEAU 6.
Traitement du syndrome de malassimilation
|
| Siège de la carence |
Traitement |
|
| Pancréas
|
Suppléments
enzymatiques; insuline; conseils diététiques; intervention
chirurgicale pour obstruction du canal pancréatique ou pour
cancer |
| Système hépatobiliaire |
Intervention
chirurgicale pour obstruction des voies biliaires |
| Muqueuse |
Régimes
(p. ex. suppression du gluten ou du lait); suppléments nutritifs;
corticostéroïdes dans la maladie de Crohn; antibiotiques dans la
prolifération bactérienne ou la maladie de Whipple |
| Système lymphatique |
Régime pauvre en
graisses; triglycérides à chaîne moyenne (TCM) |
|
Les traitements spécifiques pour la
malabsorption ou la maldigestion sont énumérés dans le tableau
6 . Les mesures diététiques nécessaires pour tenter de
corriger les carences associées sont énumérées dans le tableau
7.
TABLEAU
7. Doses usuelles des substances utilisées pour le soutien
nutritionnel des patients qui souffrent du syndrome de
malassimilation
|
| Minéraux |
| Calcium |
p.o.: |
Au
moins 1 200 mg/jour de calcium élément sous forme de :
a) gluconate de calcium (93 mg Ca++ /comprimé de 500
mg)
b) carbonate de calcium (200 mg Ca++ /comprimé de 500
mg) |
|
i.v.
: |
Gluconate
de calcium, 10 mL (9,3 mg Ca++ /mL), d’une solution
à 10 % pendant 5 min |
| Magnésium |
p.o.
: |
Gluconate
de magnésium (29 mg Mg++ /comprimé de 500 mg), 2 à 6
g/jour |
|
i.v.
: |
Sulfate
de magnésium (solution à 50 %, 1 mL contient 2,03 mmol Mg++
) |
| Fer |
p.o.
: |
Fumarate
ferreux (65 mg Fe élément/comprimé de 200 mg), 200 mg 3 f.p.j.
Gluconate ferreux (35 mg Fe élément/comprimé de 300 mg), 600 mg
3 f.p.j.
Sulfate ferreux (60 mg Fe élément/comprimé de 300 mg), 300 mg 3
f.p.j. |
|
i.m.
: |
Fer
dextran 1 mL 1 f.p.j. (calculé d’après l’Hb existante)* |
|
i.v.
: |
Fer
dextran env. 30 mL (calculé d’après l’Hb existante)* dans
500 mL de solution dextrosée à 5 % D/P pendant 4 heures,
perfusion lente au début et sous surveillance |
|
|
*
NOTE : Fe i.m. ou i.v. pour recharge en Fe seulement |
| Zinc |
p.o.
: |
Sulfate
de zinc (89 mg zinc élément/capsule de 220 mg), 220 mg 3 f.p.j. |
| Vitamines |
|
|
| Vitamine
A |
Vitamine
A hydromiscible (25 000 UI/capsule), 25 000 UI/jour |
| Vitamine
B12 |
100
µg/i.m./mois |
| Vitamine
D2 |
(Ergocalciférol)
(50 000 UI/capsule), 50 000 UI 3 fois par semaine |
| Vitamine
E |
Vitamine
E hydromiscible (100 UI/capsule), 400 UI/jour |
| Vitamine
K1 |
(Phytonadione)
a causé des réactions mortelles, doit donc être évitée |
| Vitamine
K3 |
(Ménadione)
hydrosoluble |
|
p.o.
: |
5
à 10 mg/jour |
|
i.v.
: |
5
à 10 mg/jour |
| Acide
folique |
p.o.
: |
1
mg/jour |
| Autres
multivitamines hydrosolubles : 1/jour |
|
| Suppléments
pancréatiques |
|
|
Activité
enzymatique (UI/unité)
|
| Préparation |
Type |
Lipase |
Trypsine |
Protéolytique |
Amylase |
|
| Ku-Zyme HP® |
Capsule |
2 330 |
3 082 |
6 090 |
594 048 |
| Festal® |
Délitement
entérique |
2 073 |
488 |
1 800 |
219 200 |
| Cotazym® |
Capsule |
2 014 |
2 797 |
5 840 |
499 200 |
| Viokase® |
Comprimé |
1 636 |
1 828 |
440 |
277 333 |
| Pancrease® |
Micro-encapsulé |
>4 000 |
>25
000 |
|
|
| De
4 à 18 g/jour aux repas, avec un antiacide ou de la cimétidine
(pour éviter l’inactivation du supplément par l’HCl) |
|
Agents liant les sels biliaires |
Cholestyramine,
4 g (1 cuillerée), 3 à 6 f.p.j., selon la réponse
Le psyllium et l’hydroxyde d’aluminium peuvent aussi être
efficaces
Colestipol, 1 g 3 à 6 f.p.j., selon la réponse |
Suppléments caloriques
Huile de triglycérides à chaîne
moyenne : (8 cal/mL), 60 mL/jour p.o., 480 cal/jour
Portagen® : triglycérides à chaîne moyenne + autres huiles : (1
cal/mL), 1 L/jour
Alimentation entérale :
| Produit |
Kcal*/
1000 mL |
Protéines
g/1000 mL |
Na
mg/L |
K
mg/L |
Osmolalité
mOsm/kg eau |
|
| Ensure® |
1060 |
37 |
740 |
1270 |
450 |
| Isocal® |
1040 |
34 |
530 |
1320 |
300 |
| Osmolite® |
1060 |
37 |
540 |
1060 |
300 |
| Precision
Isotonic Diet® |
960 |
29 |
800 |
960 |
300 |
| Precision
Isotonic Diet® |
1110 |
26 |
700 |
810 |
525 |
| Travasorb
STD® (sans saveur) |
1000 |
45 |
920 |
1170 |
450 |
| Standard
Vivonex® (sans saveur) |
1000 |
21 |
470 |
1170 |
550 |
| High-Nitrogen
Vivonex® (sans saveur) |
1000 |
44 |
530 |
1170 |
810 |
| Meritene
Powder® dans le lait |
1065 |
69 |
1000 |
3000 |
690 |
| Compleat B® |
1000 |
40 |
1200 |
1300 |
390 |
| Formula 2® |
1000 |
38 |
600 |
1760 |
435 -510 |
|
| *
Lorsque préparé selon la dilution normale. |
| Alimentation
parentérale : |
Intralipid®
1 L/jour i.v. (10 mL/kg/jour) |
|
|
Travasol®
2 L/jour i.v. (mélangé selon les besoins du patient en protéines) |
|
  
|