
 
| 4. ABSORPTION DES
VITAMINES ET DES MINÉRAUX |
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4.1 Acide folique (acide ptéroylglutamique, Pté-Glu1) |
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4.1.1 SOURCES ALIMENTAIRES
Les folates alimentaires, ou sels d’acide
folique, sont synthétisés par les bactéries et les plantes. Ils sont
pour la plupart des polyglutamates qui ne peuvent être absorbés sous
leur forme intacte. Tous les folates, ou polyptéroylglutamates (Pté-Glun),
sont hydrolysés en acide folique, ou en acide ptéroylglutamique (Pté-Glu1)
au cours de l’absorption. L’acide ptéroylglutamique (Pté-Glu1
) est absorbé plus rapidement que les polymères de plus grande taille (Pté-Glun).
La proportion de folates alimentaires disponibles sur le plan nutritif
n’est que de 25 % à 50 %, et faire bouillir les aliments détruit
l’essentiel de leur activité. Par conséquent, les aliments crus qui
renferment une proportion importante de l’acide sous la forme de
monoglutamate (Pté-Glu1 ), comme les bananes, les haricots de
Lima, le foie et la levure, sont la principale source de folates
alimentaires. Au Canada, on consomme en moyenne environ 240 µg de folates
alimentaires par jour. L’apport minimal quotidien est d’environ 100 µg,
bien que l’apport quotidien recommandé soit de 400 µg. Les réserves
tissulaires en folates n’étant que de 3 mg, un syndrome de
malabsorption peut les épuiser en un mois seulement.
4.1.2 HYDROLYSE ET ABSORPTION DES
FOLATES POLYGLUTAMATES
Les folates sous forme de polyglutamates (Pté-Glun)
sont hydrolysés progressivement sous la forme de monoglutamates (Pté-Glu1
). L’hydrolyse a lieu à la bordure en brosse par l’intermédiaire de
l’enzyme folate-conjugase (figure
1). L’acide folique (Pté-Glu1 ) présent dans
la lumière intestinale est absorbé grâce à un transporteur sodium-dépendant.
Une fois dans la cellule épithéliale de l’intestin, l’acide folique
est méthylé et réduit sous la forme tétrahydro (CH3 H4
Pté-Glu1 ). L’absorption de l’acide folique au niveau de
la bordure en brosse, là où se trouve le transporteur, est perturbée
par des médicaments tels que la phénytoïne et la sulfasalazine. En
outre, une carence en acide folique peut elle-même nuire à
l’absorption de l’acide folique en produisant des altérations mégaloblastiques
dans les cellules épithéliales à plateau strié de l’intestin, un épithélium
anormal.
| 4.2 Cobalamine
(vitamine B12) |
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212 |
4.2.1 SOURCES ALIMENTAIRES
La cobalamine désigne les composés
renfermant du cobalt et un noyau corrinique qui exercent une activité
biologique chez l’humain, tandis que la vitamine B12 est un
terme plus général qui englobe tous les composés de ce type qui ont une
activité biologique chez n’importe quelle espèce. La cobalamine est
par conséquent le meilleur terme pour distinguer les composés actifs
chez l’être humain des nombreuses formes analogues produites par les
bactéries. La cobalamine pénètre dans les tissus des animaux à la
suite de l’ingestion d’aliments qui renferment des bactéries ou à la
suite de sa production dans le rumen des animaux. Chez l’humain, les
microorganismes présents dans la lumière du côlon synthétisent la
cobalamine, mais cette dernière n’est pas absorbée. Par conséquent,
les végétariens stricts qui ne mangent aucune viande renfermant de la
cobalamine auront une carence en cobalamine. L’apport quotidien moyen
d’un Occidental se situe entre 10 et 20 µg de cobalamine, les besoins
de l’organisme étant de 1 µg. Le foie emmagasine environ 5 mg de
cobalamine. Ces réserves hépatiques importantes expliquent que le déficit
en cobalamine puisse prendre plusieurs années à se manifester
cliniquement après le début de la malabsorption de la cobalamine.
4.2.2 RÔLE DE L’ESTOMAC, DU PANCRÉAS
ET DE L’ILÉON
Une fois la cobalamine libérée des
aliments, elle se fixe à un pH acide sur les protéines R, la lettre R
faisant ici référence à la rapidité de leur mobilisation pendant l’électrophorèse.
Les protéines R sont des glycoprotéines présentes dans de nombreuses sécrétions
comme le sérum, la bile, la salive et les sucs gastrique et pancréatique.
La plupart des protéines R présentes dans l’estomac proviennent de la
salive; elles ne peuvent assurer à elles seules l’absorption de la
cobalamine et leur fonction physiologique n’est pas parfaitement
comprise. On a déjà observé exceptionnellement des carences totales en
protéines R sans effets cliniques apparents chez le patient.
Le complexe cobalamine-protéine R quitte l’estomac avec le facteur
intrinsèque libre (figure
2). Dans le duodénum, les protéases pancréatiques en présence
de bicarbonate (c.-à-d. à pH neutre) hydrolysent la protéine R et libèrent
la cobalamine. La cobalamine se combine ensuite au facteur intrinsèque de
l’estomac, et ce changement de conformation permet au complexe
cobalamine-facteur intrinsèque ainsi formé de résister à la digestion
protéolytique. Le complexe peut alors franchir en toute sécurité
l’intestin grêle et atteindre l’iléon où il est absorbé de façon
active.
Comme le transfert de la cobalamine de la protéine R au facteur
intrinsèque dépend du pH, une insuffisance pancréatique (production
insuffisante de bicarbonate) ou le syndrome de Zollinger-Ellison
(production excessive d’ions hydrogène) peuvent altérer ce processus
et entraîner une carence en cobalamine.
Dans l’iléon, le complexe cobalamine-facteur intrinsèque se lie à
un récepteur spécifique situé sur la bordure en brosse, mais la
cobalamine libre ne se lie pas à ce récepteur. Après son passage dans
les entérocytes, la cobalamine est transportée dans le sang liée aux
protéines circulantes connues sous le nom de transcobalamines.
La compréhension des processus normaux d’absorption nous permet d’élaborer
une classification sur la malabsorption et la carence en cobalamine (tableau
1).
TABLEAU 1.
Anomalies de l’absorption de la cobalamine à l’origine d’une
carence
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| Étape physiologique |
Troubles |
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Diminution de la sécrétion
du FI
Perturbation du transfert du FI (pH acide)
Compétition pour la captation
Diminution de la fixation aux récepteurs
de l’iléon
Diminution du passage à travers la paroi de
la cellule iléale
Diminution de la captation dans le sang
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Anémie pernicieuse,
gastrectomie, achlorhydrie
Insuffisance pancréatique
Prolifération bactérienne
Maladie ou résection iléales
Malabsorption familiale de la cobalamine
Déficit en transcobalamine II
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4.3.1 SOURCES ALIMENTAIRES
Le fer absorbé par l’organisme provient
des légumes (fer non-hème) et des viandes (fer hème). Le fer hème est
mieux absorbé (10 % à 20 %) que le fer non-hème (1 % à 6 %).
L’absorption du fer hème n’est pas modifiée par les facteurs
intraluminaux ni par la composition du régime alimentaire, tandis que le
fer non-hème dépend dans une large mesure des facteurs intraluminaux.
L’apport quotidien en fer varie de 10 à 20 mg. Les hommes absorbent 1
ou 2 mg de fer par jour, tandis que les femmes pendant leurs menstruations
ou les personnes souffrant d’une carence en fer en absorbent 3 ou 4 mg
par jour. Après une hémorragie massive, l’absorption du fer
n’augmente que trois jours plus tard. Lorsque le fer non-hème (dans les
composés ferriques, Fe+++ ) est ingéré dans un estomac
incapable de sécrétion d’acide, il forme des complexes de fer
insolubles qui ne peuvent être absorbés (figure
3). Cependant, en présence d’acide gastrique et d’agents
comme l’acide ascorbique, le fer ferreux (F ++ ) est produit. Les
complexes de fer ferreux se lient à un mucopolysaccharide dont le poids
moléculaire (PMr ) est d’environ 200 000 pour former des
complexes insolubles qui sont acheminés dans le duodénum et dans le jéjunum
proximal. C’est là, sous l’action de l’acide ascorbique, du glucose
et de la cystéine, que le fer est absorbé. Des facteurs alimentaires
comme les phosphates, les phytates et les phosphoprotéines peuvent rendre
le fer insoluble et ainsi inhiber l’absorption du fer non-hème.
Le fer hème (ferreux, Fe++) est ingéré sous forme de
myoglobine et d’hémoglobine. En présence d’acide gastrique, la molécule
de globine est scindée, et le fer ferreux est libéré et transporté
avec son anneau porphyrine de l’estomac dans le duodénum et dans le jéjunum
où il est absorbé.
L’absorption du fer hème et du fer non-hème est plus rapide dans le duodénum.
Une partie du fer est captée puis déposée dans les entérocytes sous
forme de ferritine et le reste se fixe sur la transferrine liée au
plasma. Lorsque les entérocytes se désagrègent, le fer déposé sous
forme de ferritine est perdu dans la lumière intestinale. Cette perte est
probablement compensée par les fortes quantités de fer ingérées. La
quantité de fer qui pénètre dans l’organisme dépend en grande partie
de deux facteurs : 1) la teneur totale de l’organisme en fer et 2) la
vitesse de l’érythropoïèse.
  
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