
 
| 20. SYNDROME CARCINOÏDE |
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Plus de 90 % des tumeurs carcinoïdes
prennent naissance dans le tube digestif. Les sièges les plus fréquents
sont l’appendice, l’iléon terminal et le rectum. En général, les
tumeurs carcinoïdes non métastatiques sont asymptomatiques. Le syndrome
carcinoïde n’est associé qu’avec des tumeurs carcinoïdes dont les métastases
se sont largement étendues au foie ou envahissent d’autres foyers (p.
ex. les poumons). Les métastases sont rares dans les tumeurs carcinoïdes
de l’appendice, mais fréquentes dans les tumeurs carcinoïdes qui
touchent les autres sites.
Même si les tumeurs carcinoïdes se
distinguent entre elles quant à leur capacité de produire et
d’emmagasiner de la sérotonine, ou 5-hydroxytryptamine (5-HT), la
production excessive de cette substance et de son métabolite, l’acide
5-hydroxy-indole-acétique (5-HIAA), reste l’anomalie chimique la plus
caractéristique de ces tumeurs. C’est la production de cette hormone
ainsi que la production d’histamine, de catécholamines, de kinase et de
prostaglandines qui sont responsables de la majorité des symptômes. La
symptomatologie comprend la diarrhée, les bouffées vasomotrices, les
sibilances, la céphalée vasculaire de Horton, la valvulopathie (en
particulier une sténose de la valvule pulmonaire) et une éruption cutanée
pellagroïde. Le syndrome carcinoïde peut être soupçonné par la présentation
clinique de la maladie et son diagnostic confirmé en biochimie par une
augmentation de l’excrétion urinaire de 5-HIAA ou de 5-HT plaquettaire.
Lorsque le syndrome carcinoïde est
apparent, la guérison est en général impossible, parce que la tumeur a
déjà produit des métastases. Néanmoins, il faudra procéder à
l’ablation de la tumeur intestinale si elle est responsable d’une
obstruction. Les antagonistes de la sérotonine (p. ex. méthysergide et
cyproheptadine) peuvent parfois atténuer les symptômes. L’octréotide,
analogue de la somatostatine, peut s’avérer très efficace pour atténuer
les symptômes; l’interféron peut également être utile. Il est
prudent de retarder la chimiothérapie ou la radiothérapie dans les
premiers stades métastatiques de la néoplasie, étant donné que l’évolution
de la maladie est souvent lente et que les patients survivent de
nombreuses années avec une maladie métastatique diffuse.
  
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