
 
| 14. SYNDROME DE
L'INTESTIN COURT |
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La gravité des symptômes associés avec
la résection de segments importants de l’intestin grêle est liée à
l’étendue, au siège et au motif de la résection. Le siège de la résection
est important puisque l’absorption des nutriments est plus efficace dans
la partie proximale de l’intestin grêle (fer, folates, calcium) que
dans l’iléon (sels biliaires et vitamin B12 ). La résection
d’un segment allant jusqu’à 40 % de l’intestin est en général
bien tolérée pourvu que le duodénum, le jéjunum proximal, la moitié
distale de l’iléon et la valvule iléocaecale soient préservés. En
revanche, la résection des deux tiers de la partie distale de l’iléon
et de la valvule iléocaecale peut produire une grave diarrhée et une
malabsorption importante, même si la résection ne porte que sur 25 % de
l’intestin grêle au total. La résection de 50 % de l’intestin grêle
entraîne une malabsorption marquée, et une résection de 70 % ou plus de
l’intestin grêle entraîne une malnutrition assez grave pour causer la
mort, à moins que cette malnutrition ne fasse l’objet d’un traitement
énergique.
La cause la plus courante de résection
massive de l’intestin grêle est l’ischémie du grêle, due à une
thrombose ou à une embolie de l’artère mésentérique supérieure, à
une thrombose de la veine mésentérique supérieure ou à un faible débit
dans les vaisseaux splanchniques. Plus rarement, un volvulus, des hernies
étranglées, la maladie de Crohn, une néoplasie ou un traumatisme
peuvent nécessiter une résection massive.
Il existe deux grandes causes de diarrhée à la suite d’une résection
iléale massive.
L’une est principalement attribuable à
la malabsorption des acides biliaires et l’autre, à la malabsorption
des graisses. Si la résection iléale est de faible étendue (moins de
100 cm), la synthèse hépatique des acides biliaires est suffisante pour
compenser l’augmentation des pertes fécales. La concentration luminale
des acides biliaires est maintenue dans les limites micellaires et il ne
se produit pas de stéatorrhée importante; mais, lorsque l’absorption
dans la partie terminale de l’iléon est inadéquate, les acides
biliaires entrent dans le côlon et perturbent l’absorption de l’eau
et des électrolytes, d’où le terme « diarrhée liée aux acides
biliaires » ou « diarrhée cholérétique ».
Si la résection iléale est étendue (plus
de 100 cm), la synthèse hépatique est insuffisante pour compenser la
perte des acides biliaires et la concentration luminale d’acides
biliaires est trop faible pour assurer une solubilisation micellaire adéquate
des graisses. Il s’ensuit donc une stéatorrhée, et la malabsorption
des graisses est le principal facteur responsable de la diarrhée. Les
acides gras qui sont alors en excès dans le côlon accentuent la
malabsorption de l’eau et des électrolytes.
Ces mécanismes pathogènes proposés comme
explication sont en quelque sorte confirmés par les observations thérapeutiques
suivantes. Une réduction de l’apport alimentaire des graisses à chaîne
longue réduit l’intensité de la diarrhée secondaire à une résection
étendue et à la stéatorrhée. Il faut administrer un agent qui fixe les
acides biliaires, comme la cholestyramine, le colestipol ou l’hydroxyde
d’aluminium, pour venir à bout d’une diarrhée liée aux acides
biliaires.
Le syndrome de l’intestin court entraîne
d’autres complications métaboliques, notamment l’hyperoxalurie et la
néphrolithiase. L’oxalate alimentaire est normalement excrété dans
les selles, lié au calcium sous la forme d’un complexe insoluble.
Toutefois, chez un patient qui souffre de stéatorrhée, les acides gras
dans l’intestin ont une affinité plus grande pour le calcium, ce qui a
pour conséquence de laisser l’oxalate sous forme soluble et absorbable
dans le côlon. Le syndrome de l’intestin court peut aussi entraîner
une cholélithiase. Une malabsorption importante des acides biliaires
entraîne la production de bile lithogène, ce qui prédispose le patient
à la formation de calculs biliaires.
  
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