
 
| 12. DÉFICITS EN
DISACCHARIDASES |
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L’intolérance aux disaccharides se
définit comme un ensemble de symptômes caractéristiques qui surviennent
à la suite de l’ingestion de disaccharides en quantités normales,
entraînant une diarrhée symptomatique. L’intolérance aux
disaccharides est causée par un déficit d’un ou de plusieurs
disaccharides, et certaines personnes peuvent en être affectées sans présenter
des symptômes.
Les glucides alimentaires atteignent la muqueuse de surface du jéjunum
sous forme d’isomaltose, de maltotriose et de trois disaccharides
principaux : le maltose, le sucrose et le lactose. Le tréhalose,
disaccharide que l’on trouve dans les jeunes champignons et dans
certains insectes, est un élément mineur de l’alimentation occidentale.
Les déficits en disaccharidases peuvent être primaires (héréditaires)
ou secondaires (acquis). De façon caractéristique, les déficits
primaires, qui sont rares, ne mettent en jeu qu’une seule enzyme. Ce
type de déficit est inné (à l’exception de la forme de déficit en
lactase qui fait son apparition à l’âge adulte). Il n’est pas associé
avec une maladie intestinale et il est irréversible. Par contre, les déficits
secondaires touchent en général toutes les disaccharidases; ils peuvent
se produire à tout âge. Ils sont associés avec une affection de la
muqueuse de l’intestin grêle et peuvent disparaître à la guérison de
la maladie intestinale (p. ex. la maladie coeliaque, les syndromes de
stase ou l’entérite aiguë). Étant donné que le déficit en lactase
est peu fréquent chez les Canadiens d’ascendance nord-européenne, il
faut procéder aux épreuves adéquates pour exclure les causes
secondaires telles que la maladie coeliaque.
Les manifestations cliniques du déficit
enzymatique s’expriment par une diarrhée osmotique à la suite de
l’ingestion du disaccharide. Le patient souffre de crampes et de
distension abdominale. L’expulsion de selles liquides et de gaz apporte
parfois un soulagement. La gravité de la diarrhée varie en fonction de
l’apport en disaccharides, de l’ampleur du déficit de l’activité
enzymatique et de la maladie intestinale associée. Le diagnostic clinique
peut être confirmé par dosage enzymatique direct, à partir des biopsies
de la muqueuse jéjunale ou par des méthodes indirectes permettant de détecter
la malabsorption des disaccharides comme le test respiratoire de
l’hydrogène. Le traitement des déficits héréditaires se fait
habituellement par des régimes d’exclusion. Les enfants et les
adolescents dont les besoins nutritionnels sont élevés et les adultes
qui aiment le lait peuvent consommer du lait à faible teneur en lactose
offert dans certaines régions. On peut aussi préparer un tel lait en
ajoutant au lait ordinaire de la lactase de levure (offerte sur le marché)
et le réfrigérer pendant 24 heures avant de l’utiliser. Cette méthode
permet d’hydrolyser 80 % du lactose.
Le déficit en lactase héréditaire
d’apparition tardive (à l’âge adulte) est très courant et
probablement « normal » chez l’être humain. En effet, on constate
chez la majorité des gens une diminution marquée de l’activité de la
lactase qui peut se manifester dès l’âge de deux ans chez certains
groupes raciaux ou pendant l’adolescence chez d’autres groupes.
C’est le résultat de l’inhibition d’origine génétique de la synthèse
de la lactase par les cellules intestinales. Cependant, l’activité de
la lactase est maintenue durant toute la vie adulte chez les personnes
dont les ancêtres viennent de l’Europe du Nord ou chez les personnes
appartenant à certains groupes d’Afrique et de l’Inde.
  
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