4. MÉTHOLOGIE DE LA RECHERCHE CLINIQUE page 96

L’étude contrôlée randomisée sert de point de référence pour l’évaluation des nouvelles pharmacothérapies. L’attribution aléatoire offre un moyen efficace de contrôler les effets éventuels des facteurs confusionnels et sert à minimiser le biais (déviation systématique de la vérité) de la part des médecins et des patients. L’essai à double insu, qui consiste à ne pas laisser savoir aux investigateurs ni aux sujets lequel des groupes reçoit le traitement proprement dit, réduit les possibilités de biais et constitue l’un des éléments essentiels de l’essai clinique rigoureusement conçu. Il y a actuellement une controverse considérable entourant l’utilisation du placebo dans l’évaluation des nouveaux médicaments. Certains détracteurs affirment qu’en utilisant un placebo, on refuse à des patients un traitement dont l’efficacité est prouvée, et que la participation à une étude contrôlée par placebo est associée chez ces patients avec un certain degré de morbidité. Cependant, le recours au placebo permet d’évaluer l’efficacité d’un nouveau médicament en le comparant avec les effets de la maladie en l’absence de traitement. L’utilisation du placebo est donc valide sur les plans scientifique et éthique lorsque le traitement classique est peu efficace ou lorsqu’il entraîne des effets indésirables importants. Au cours des essais de la phase III, il est impératif que les investigateurs choisissent comme principale mesure de réponse un résultat qui soit significatif sur le plan clinique. Dans le passé, on s’est trop fié à des marqueurs de substitution, tels que des analyses de laboratoire plus sophistiquées, pour mesurer l’efficacité d’un traitement. Dans certains cas, il a été démontré qu’il n’y avait pas de corrélation entre ces marqueurs et des résultats cliniques significatifs. Les investigateurs devraient considérer la qualité de la vie comme un facteur important dans l’évaluation des résultats, en plus des points d’aboutissement classiques tels que le décès, la manifestation de complications liées à la maladie et les signes d’évolution clinique. Lorsqu’un point d’aboutissement approprié a été déterminé, il faut faire appel aux conseils d’un biostatisticien dans la planification de l’essai clinique. Il faut aussi prêter une attention particulière au nombre de sujets requis pour l’étude, lequel est fonction des taux d’erreur alpha (faux positif) et bêta (faux négatif) sélectionnés par l’investigateur, de l’effet du traitement considéré comme significatif sur le plan clinique et des taux de fréquence du point d’aboutissement analysé dans le groupe recevant un placebo (ou le traitement classique). Si des analyses intermédiaires sont prévues, elles doivent être définies avant que l’étude ne commence; en outre des techniques statistiques appropriées doivent être appliquées pour tenir compte du taux d’erreur alpha plus élevé résultant de l’emploi de plusieurs méthodes d’analyse statistique.

 

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