
 
| 6. TRAITEMENT DIÉTÉTIQUE
DE L'AFFECTION HÉPATIQUE |
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Deux manifestations importantes de
l’affection hépatique chronique, l’ascite et l’encéphalopathie
portosystémique, peuvent être traitées efficacement par des
modifications du régime alimentaire. Le principal objectif diététique
dans le traitement de l’ascite est la restriction sodée. Certaines
autorités ont recommandé de restreindre la consommation de sodium à
aussi peu que de 10 à 20 mmol par jour en présence d’ascite massive
symptomatique. Une restriction si rigoureuse, cependant, rend presque
impossible la planification d’un régime alimentaire agréable au goût
et un apport protéique suffisant pour maintenir un bilan azoté équilibré;
des restrictions de cet ordre ne sont donc pas satisfaisantes pour un
traitement prolongé. Des patients bien motivés acceptent souvent comme
traitement d’entretien un régime contenant 40 mmol de sodium (équivalant
à environ 1g de sodium ou à 2,5 g de chlorure de sodium).
Le traitement de l’encéphalopathie
portosystémique inclut un régime alimentaire pauvre en protéines. Il va
de soi que le traitement devra être adapté aux besoins individuels en
cas d’insuffisance hépatique fulminante ou de coma de stade IV, mais
les patients atteints d’hépatopathie chronique et d’encéphalopathie
légère ou modérée doivent en général restreindre leur consommation
de protéines entre 0,5 et 0,8 g/kg de poids corporel. Une restriction
plus rigoureuse est recommandée pour maîtriser l’encéphalopathie à
brève échéance, mais il est difficile de la maintenir pendant de
longues périodes en raison du manque de fidélité du patient au
traitement et du bilan azoté négatif. Les protéines végétales
semblent moins ammoniagènes que la viande, mais cela s’explique, en
partie, par l’absorption moins efficace des protéines végétales. On
trouve des concentrations disproportionnées d’acides aminés
aromatiques dans le plasma des patients atteints d’une cirrhose décompensée.
C’est pourquoi on a conseillé l’administration de suppléments
nutritionnels riches en acides aminés à chaîne ramifiée, mais on ne
possède pas encore de preuves nettes de leur efficacité.
TABLEAU 8.
Traitement diététique en cas d’hépatopathie héréditaire
|
| Affections |
Mesures diététiques |
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| Tyrosinémie |
Régime faible en phénylalanine |
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| Intolérance héréditaire
au fructose |
Régime pauvre en
fructose, pauvre en sucrose |
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| Galactosémie |
Régime sans galactose |
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| Glycogénose |
Apport alimentaire continu
de glucose |
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| Xanthomatose cérébrotendineuse |
Suppléments d’acide désoxycholique |
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| Maladie de
Wilson |
Régime pauvre en cuivre,
suppléments de zinc (avec un agent chélateur) |
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| Hémachromatose |
Éviter la consommation
excessive de fer, choisir des aliments contentant des phytates ou
des tannins pour diminuer l’absorption de fer (avec des phlébotomies
appropriées) |
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| Fibrose
kystique |
Régime pauvre en lipides,
suppléments d’enzymes pancréatiques, suppléments de vitamines
liposolubles |
|
La cirrhose avancée s’accompagne souvent
d’une déplétion hépatique en glycogène. Durant les périodes de jeûne,
il y a libération de glucagon et de catécholamines pour maintenir la
glycémie. En l’absence de réserves hépatiques de glycogène, la
glyconéogenèse requise proviendra en grande partie du catabolisme
musculaire. L’utilisation des acides aminés pour la glyconéogenèse
entraîne la production d’ammoniaque. On ignore si une modification de
l’alimentation destinée à fournir un apport continu de glucose et, par
conséquent, à réduire la glyconéogenèse pourrait améliorer
l’hyperammonémie chez ces sujets. Les hépatopathies cholestatiques, y
compris la cirrhose biliaire primaire, la cirrhose biliaire secondaire, la
cholangite sclérosante et l’atrésie des voies biliaires, peuvent
s’accompagner d’une malabsorption des vitamines liposolubles. La
carence en vitamine K peut être facilement confirmée par la démonstration
d’un allongement du temps de prothrombine que corrige l’administration
parentérale de vitamine K. Seuls des laboratoires spécialisés sont
habituellement en mesure d’effectuer le dosage des vitamines D, A et E.
Lorsqu’on ne peut avoir accès à ces laboratoires pour obtenir des épreuves
de confirmation et que de solides fondements cliniques laissent soupçonner
un état carentiel, il y a lieu d’amorcer un traitement de remplacement
approprié. Le tableau 8
énumère un certain nombre d’affections hépatiques héréditaires pour
lesquelles le traitement prévoit des modifications spéciales du régime
alimentaire.
  
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