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Chapitre 9:
V.I.H.
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4. ATTEINTES HÉPATO-BILLAIRE ET PANCRÉATIQUE AU COURS DE L'INFECTION À VIH page 343

Le foie est fréquemment touché au cours de l’infection à VIH, une hépatomégalie ou des anomalies des paramètres chimiques hépatiques étant observés chez environ 60% des patients atteints du sida. L’atteinte de l’arbre biliaire et de la vésicule biliaire est beaucoup moins fréquente. Une hépatopathie peut survenir à la suite d’une infection opportuniste (HSV, CMV, Mycobacterium avium intracellulare, champignons) ou d’une néoplasie (SK, lymphome). Lorsque cela se présente, le foie est habituellement touché dans le cadre d’une atteinte générale plus diffuse et constitue rarement l’unique cible de l’infection. D’autres maladies infectieuses telles que l’hépatite B et l’hépatite C surviennent fréquemment en raison de facteurs de risque associés tels que l’utilisation de drogues injectables et la transmission sexuelle. La malnutrition, l’alcool et l’hépatotoxicité médicamenteuse sont d’autres facteurs courants qui devraient être considérés lorsqu’on évalue les anomalies hépatiques chez ces patients.

La co-infection du VIH et de l’hépatite B ou de l’hépatite C est souvent observée parce que ces agents infectieux ont les mêmes facteurs de risque. L’immunosuppression liée au VIH à l’égard de l’hépatite B produit souvent une amélioration clinique de l’hépatite chronique. Comme c’est la réponse immunitaire à l’hépatite B qui est à l’origine de l’inflammation hépatique, on note souvent une amélioration tant pour les paramètres biochimiques de l’hépatite que pour l’activité dans les biopsies du foie, parallèlement à l’immunosuppression associée avec le VIH. Malgré l’amélioration clinique, la réplication du virus de l’hépatite B progresse. Par contre, le virus de l’hépatite C est directement hépatotoxique et l’évolution de l’immunosuppression s’accompagne souvent d’une aggravation de l’hépatite et d’une hépatopathie évolutive. Dans cette situation, le traitement de l’hépatite B ou C par l’interféron donne habituellement des résultats médiocres.

Cholangiopathie du sida est le terme qu’on utilise couramment pour désigner l’atteinte biliaire qui survient au cours d’une infection à VIH et qui résulte de l’inflammation de l’arbre et de la vésicule biliaires. On observe une grande variété d’atteintes allant d’une cholécystite aiguë sans calculs à une sténose papillaire accompagnée d’une obstruction des canaux biliaires, ou encore une atteinte plus diffuse de l’arbre biliaire dont l’aspect est semblable à celui d’une cholangite sclérosante. La cholangiopathie est le plus souvent due à une infection de l’arbre biliaire par le CMV mais peut également résulter d’une infection par Cryptosporidium ou par des microsporidies. La cholécystite aiguë sans calculs se traduit par une douleur dans l’hypocondre droit, de la fièvre et une sensibilité au toucher. Une cholécystectomie est habituellement nécessaire. La cholangiopathie peut se manifester par une douleur moins aiguë dans l’hypocondre droit, de la fièvre et des nausées, et s’accompagner d’anomalies des enzymes hépatiques évoquant la cholestase. Le diagnostic d’une cholangiopathie repose sur une cholangio-pancréatographie rétrograde endoscopique. Chez les patients atteints d’une dilatation du cholédoque et qui ont probablement une sténose papillaire résultant d’une papillite aiguë, les symptômes répondent à une sphinctérotomie endoscopique. Lorsque la présence de CMV est démontrée ou qu’on la soupçonne d’être en cause, un traitement spécifique contre le CMV peut apporter une amélioration. Dans de rares cas, un sarcome de Kaposi ou un lymphome atteindront la vésicule biliaire ou l’arbre biliaire.

Une atteinte pancréatique symptomatique n’est pas fréquente dans le cadre d’une infection à VIH mais, le cas échéant, elle se présentera sur le plan clinique comme une pancréatite aiguë. Des augmentations asymptomatiques de l’amylase ou de la lipase sérique sont fréquentes : jusqu’à 45 % des patients en présentent. Souvent liées aux médicaments, ces hausses peuvent également être dues à une atteinte asymptomatique du pancréas causée par une infection opportuniste ou une néoplasie. La pancréatite aiguë se présente de la même manière, qu’il y ait ou non une infection à VIH. En plus des causes courantes de pancréatite, d’autres possibilités doivent être envisagées chez les patients infectés par le VIH. Les médicaments habituellement administrés à ces patients, y compris les sulfamides, la pentamidine et l’inhibiteur de la transcriptase inverse didéoxyinosine (ddI), sont des causes courantes de pancréatite. En outre, bien qu’ils soient habituellement asymptomatiques, les néoplasies et les infections opportunistes touchant le pancréas peuvent causer une pancréatite. Les principes de traitement de la pancréatite aiguë sont les mêmes pour les patients infectés par le VIH que pour ceux qui ne sont pas infectés. Les médicaments pouvant être en cause devraient être interrompus. Lorsqu’aucune cause n’est apparente, une tomodensitométrie axiale du pancréas peut aider à exclure des lésions focales qui pourraient être révélatrices d’infections opportunistes ou d’une néoplasie affectant le pancréas.