
 
| 4. ATTEINTES HÉPATO-BILLAIRE
ET PANCRÉATIQUE AU COURS DE L'INFECTION À VIH |
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Le foie est fréquemment touché au cours
de l’infection à VIH, une hépatomégalie ou des anomalies des paramètres
chimiques hépatiques étant observés chez environ 60% des patients
atteints du sida. L’atteinte de l’arbre biliaire et de la vésicule
biliaire est beaucoup moins fréquente. Une hépatopathie peut survenir à
la suite d’une infection opportuniste (HSV, CMV, Mycobacterium avium
intracellulare, champignons) ou d’une néoplasie (SK, lymphome).
Lorsque cela se présente, le foie est habituellement touché dans le
cadre d’une atteinte générale plus diffuse et constitue rarement
l’unique cible de l’infection. D’autres maladies infectieuses telles
que l’hépatite B et l’hépatite C surviennent fréquemment en raison
de facteurs de risque associés tels que l’utilisation de drogues
injectables et la transmission sexuelle. La malnutrition, l’alcool et
l’hépatotoxicité médicamenteuse sont d’autres facteurs courants qui
devraient être considérés lorsqu’on évalue les anomalies hépatiques
chez ces patients.
La co-infection du VIH et de l’hépatite
B ou de l’hépatite C est souvent observée parce que ces agents
infectieux ont les mêmes facteurs de risque. L’immunosuppression liée
au VIH à l’égard de l’hépatite B produit souvent une amélioration
clinique de l’hépatite chronique. Comme c’est la réponse immunitaire
à l’hépatite B qui est à l’origine de l’inflammation hépatique,
on note souvent une amélioration tant pour les paramètres biochimiques
de l’hépatite que pour l’activité dans les biopsies du foie, parallèlement
à l’immunosuppression associée avec le VIH. Malgré l’amélioration
clinique, la réplication du virus de l’hépatite B progresse. Par
contre, le virus de l’hépatite C est directement hépatotoxique et l’évolution
de l’immunosuppression s’accompagne souvent d’une aggravation de
l’hépatite et d’une hépatopathie évolutive. Dans cette situation,
le traitement de l’hépatite B ou C par l’interféron donne
habituellement des résultats médiocres.
Cholangiopathie du sida est le terme
qu’on utilise couramment pour désigner l’atteinte biliaire qui
survient au cours d’une infection à VIH et qui résulte de
l’inflammation de l’arbre et de la vésicule biliaires. On observe une
grande variété d’atteintes allant d’une cholécystite aiguë sans
calculs à une sténose papillaire accompagnée d’une obstruction des
canaux biliaires, ou encore une atteinte plus diffuse de l’arbre
biliaire dont l’aspect est semblable à celui d’une cholangite sclérosante.
La cholangiopathie est le plus souvent due à une infection de l’arbre
biliaire par le CMV mais peut également résulter d’une infection par Cryptosporidium
ou par des microsporidies. La cholécystite aiguë sans calculs se
traduit par une douleur dans l’hypocondre droit, de la fièvre et une
sensibilité au toucher. Une cholécystectomie est habituellement nécessaire.
La cholangiopathie peut se manifester par une douleur moins aiguë dans
l’hypocondre droit, de la fièvre et des nausées, et s’accompagner
d’anomalies des enzymes hépatiques évoquant la cholestase. Le
diagnostic d’une cholangiopathie repose sur une cholangio-pancréatographie
rétrograde endoscopique. Chez les patients atteints d’une dilatation du
cholédoque et qui ont probablement une sténose papillaire résultant
d’une papillite aiguë, les symptômes répondent à une sphinctérotomie
endoscopique. Lorsque la présence de CMV est démontrée ou qu’on la
soupçonne d’être en cause, un traitement spécifique contre le CMV
peut apporter une amélioration. Dans de rares cas, un sarcome de Kaposi
ou un lymphome atteindront la vésicule biliaire ou l’arbre biliaire.
Une atteinte pancréatique symptomatique
n’est pas fréquente dans le cadre d’une infection à VIH mais, le cas
échéant, elle se présentera sur le plan clinique comme une pancréatite
aiguë. Des augmentations asymptomatiques de l’amylase ou de la lipase sérique
sont fréquentes : jusqu’à 45 % des patients en présentent. Souvent liées
aux médicaments, ces hausses peuvent également être dues à une
atteinte asymptomatique du pancréas causée par une infection
opportuniste ou une néoplasie. La pancréatite aiguë se présente de la
même manière, qu’il y ait ou non une infection à VIH. En plus des
causes courantes de pancréatite, d’autres possibilités doivent être
envisagées chez les patients infectés par le VIH. Les médicaments
habituellement administrés à ces patients, y compris les sulfamides, la
pentamidine et l’inhibiteur de la transcriptase inverse didéoxyinosine
(ddI), sont des causes courantes de pancréatite. En outre, bien qu’ils
soient habituellement asymptomatiques, les néoplasies et les infections
opportunistes touchant le pancréas peuvent causer une pancréatite. Les
principes de traitement de la pancréatite aiguë sont les mêmes pour les
patients infectés par le VIH que pour ceux qui ne sont pas infectés. Les
médicaments pouvant être en cause devraient être interrompus.
Lorsqu’aucune cause n’est apparente, une tomodensitométrie axiale du
pancréas peut aider à exclure des lésions focales qui pourraient être
révélatrices d’infections opportunistes ou d’une néoplasie
affectant le pancréas.
  
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