
 
| 3. ÉVOLUTION DE LA
RECHERCHE CLINIQUE |
|
Le processus de recherche comprend les études
précliniques et les essais cliniques.
| 3.1 Études
précliniques |
page
93 |
L’industrie pharmaceutique doit d’abord
découvrir des structures chimiques en vue de les synthétiser et, par la
suite, soumettre ces substances à des études en laboratoire et à
l’expérimentation animale. Les substances qui présentent des effets
biologiques prometteurs font l’objet d’études plus poussées.
Les études précliniques sont généralement menées dans les
laboratoires d’entreprises pharmaceutiques ou dans des centres
universitaires. Lorsqu’une substance a été retenue comme médicament
potentiel, un expert en pharmacologie analyse ses principaux effets
biologiques, sa durée d’action et ses effets indésirables chez
diverses espèces animales. Les études pharmacocinétiques effectuées
chez l’animal permettent d’établir le taux d’absorption, le volume
de distribution, le métabolisme et l’élimination de la substance. Des
études de toxicité sont réalisées en vue de déterminer les effets
mutagènes et tératogènes du produit. Les composés qui satisfont aux
exigences de ces études préliminaires sont soumis à d’autres analyses
pour permettre de déterminer quelles seraient la meilleure posologie et
la meilleure voie d’administration. Il est ensuite possible que l’on
choisisse de poursuivre la recherche sur une substance donnée. Il faut
compter de deux à quatre ans pour atteindre ces objectifs. À ce stade,
on soumet aux organismes de réglementation une demande d’autorisation
en vue d’administrer le nouveau médicament potentiel (NDR : nouvelle
drogue de recherche) à des humains. Cette étape est effectuée selon des
modalités bien définies pouvant s’étendre sur quelques mois avant
qu’il en résulte une approbation. Au cours de ce processus, les données
précliniques sont examinées par un organisme de réglementation national
compétent, tel que la Food and Drug Administration (FDA) aux États-Unis
ou la DGPS au Canada. Étant donné que ces organismes suivent des démarches
semblables, on effectue souvent des études multicentriques faisant appel
à des protocoles similaires dans les deux pays.
| 3.2 Essais
cliniques |
page
94 |
L’essai clinique comporte quatre phases.
3.2.1 PHASE 1
Ces études portent sur un petit nombre de
volontaires normaux en bonne santé. Le principal objectif est d’évaluer
la tolérabilité et l’innocuité du médicament. Dans un premier temps,
on administre une dose unique et, par la suite, des doses multiples. Les
études pharmacocinétiques et pharmacodynamiques chez l’humain doivent
être réalisées sous surveillance médicale étroite, et l’on doit vérifier
constamment la présence d’effets indésirables chez le patient. Pendant
la phase I, on poursuit les études chez l’animal en vue de déceler
toute toxicité et cancérogénicité potentielle.
3.2.2 PHASE II
À ce stade, on évalue l’efficacité et
l’innocuité d’un nouveau médicament en réalisant des études
pilotes chez des patients souffrant de la maladie qui fait l’objet de
la recherche. Ces études sont généralement de courte durée et
peuvent être soit contrôlées contre placebo ou comparées avec un
traitement classique. La phase II a pour but de déterminer quels sont la
meilleure dose, le meilleur intervalle entre les doses et la meilleure
voie d’administration. Ces études fournissent souvent des
renseignements essentiels à la réalisation des essais de la phase III.
Cette dernière fournit des données définitives en ce qui a trait à
l’efficacité et à l’innocuité du nouveau médicament.
Pendant cette étape, on poursuit l’expérimentation animale portant
sur la toxicité et la cancérogénicité de la substance.
3.2.3 PHASE III
Les études de la phase III portent généralement
sur un grand nombre de sujets; elles ont pour but de démontrer une
efficacité à court ou à long terme et de fournir des données
additionnelles sur l’innocuité. Pendant cette phase, on compare généralement
les effets d’une dose précise du nouveau médicament avec ceux d’un
traitement classique, dans des conditions analogues à celles qui prévalent
dans un cadre clinique normal. Les résultats de l’étude permettent
d’établir le profil thérapeutique du médicament et ainsi d’en déterminer
de façon définitive les indications, la posologie, la voie
d’administration, les contre-indications, les effets indésirables et
les interactions possibles avec des médicaments administrés en
concomitance.
La durée des phases II et III est souvent de trois à cinq ans. À la
suite de la collecte de données pertinentes issues des études des phases
II et III, on soumet une demande de commercialisation aux organismes de réglementation
(PDN : présentation de drogue nouvelle). Les données sont alors examinées
soigneusement par des experts du gouvernement. Au Canada, il peut s’écouler
encore deux ans avant l’obtention d’une approbation de
commercialisation.
3.2.4 PHASE IV
Une fois la mise en marché approuvée,
l’évaluation du médicament se poursuit : des études cliniques portant
sur des médicaments approuvés ou déjà sur le marché sont réalisées
en vue de recueillir des renseignements additionnels sur les effets indésirables
du médicament à l’étude, de le comparer avec d’autres traitements
et de déceler des interactions médicamenteuses. Étant donné que les
effets indésirables graves présentent un faible taux de prévalence, les
études de surveillance de la phase IV (surveillance postcommercialisation)
représentent souvent le seul moyen adéquat de déterminer le profil
d’innocuité des nouveaux médicaments. Au cours de cette étape, des études
additionnelles peuvent être menées dans le but de définir de nouvelles
indications et préparations, et d’explorer les effets de
l’association de ce médicament avec d’autres médicaments existants.
Bien que les connaissances sur un nouveau produit pharmaceutique
augmentent au fur et à mesure que l’on franchit les diverses étapes de
la recherche clinique, les effets d’un médicament ne sont jamais connus
à 100 %. Tous les résultats pertinents doivent être documentés et
communiqués, quelle que soit la période écoulée entre la découverte
de ces renseignements et l’approbation de commercialisation.
  
|